Vendredi 12 septembre 2008
Ils furent difficiles, chargés d'émotions et de souvenirs d'une année...
Les socios de la caisse m'ont fait une belle despedida, tous unis dans la préparation de la cachapa (galette de mais) et le cochon tué le matin même. Nous avons dansé bien sûr, pour ma dernière fois les danses llaneras que j'ai tant appris à aimer et à danser.
J'ai dit au revoir à une année de travail passionant malgré les difficultés, de collaboration avec une trentaine de personnes qu'il fallait former, leur redonner confiance, adapter les outils de formation, leur apprendre à travailler ensemble hommes et femmes, confronter leurs idées et avancer peu à peu vers l'autonomie. J'ai quitté ce groupe de femme, majoritaire cette année dans la Directive, qui tente du mieux qu'elles peuvent de faire fonctionner la caisse et de lui donner un côté plus féminin et humain.
J'ai quitté, Anny, le médecin, avec qui j'ai passé une année, remplie de joie et de doutes. Nous avons partagé la churuata où nous dormions en hamac ensemble, les nuits réveillées par les urgences, les quelques accouchements où j'ai mis la main à la pâte pour l'aider, les rhums à parler de tout et de rien, la construction d'une amitié inter-culturelle qui s'est fait peu à peu. Je dis Adieu à une vraie amie qui fait partie intégrante de mes souvenirs à Maniapure.
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Et puis, j'ai quitté douloureusement la communauté, ces gens avec qui de prime abord, il a été difficile de créer des liens. Mais après passé un temps, après avoir accepté d'aller au dessus de certains ragots et particularités, j'y ai trouvé une atmosphère familiale, une géographie où à chaque fois qu'on croise une personne on la connait, un accueil timide mais sincère, et des échanges inoubliables.
Enfin cette Nature, cette immensité va me manquer au plus profond de moi. Dormir et vivre pendant une année dehors 24H/24H, faire sa lessive toute les semaines dans des lieux magiques, se baigner dans une rivière à deux pas et voir des couchers de soleils exceptionnels... ces images inoubliables ne me quitteront jamais!
J'achève cette aventure exceptionnelle, il n'est pas facile de finir ce beau chapitre pour entamer une nouvelle page dont on ignore encore le récit. Mais, on ne peut revenir en arrière et le livre doit continuer...
Par Béné
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Publié dans : vie quotidienne à Maniapure
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Durant deux semaines, 18 français ont débarqué au Centre à Maniapure
pour donner un coup de main.
Cela a commencé par l’arrivée ! Un bus loué nous devait nous emmener tranquillement à Maniapure en 12 heures. Nous mettrons finalement plus de 16 heures nous
étant perdu en pleines plaines avec une seule route et rien à l’horizon…
Mais à peine arrivés, les français sont au pas de guerre pour
travailler. Rien de les démotive, la chaleur particulièrement étouffante, les moustiques picotant de temps en temps et les trois douches pour 18 ! Mais dès le premier soir c’est la grande
distribution des chinchorro qui seront leur lit pour quinze jours. Bien sûr une première soirée à Maniapure n’aurait pas le même effet sans le traditionnel cuba libre (rappel de la recette : une
poignée de rhum mélangé à du coca et du citron, un vrai régale !) que nous leur avons concocté soigneusement.
Cette aventure a été enrichissante humainement de par la rencontre avec des Français vivant tous à Paris (bon point pour rendre mon retour moins difficile)
qui sont venus donner de leur temps pour une cause louable. Ça a été chargée professionnellement parlant en gérant les contretemps culturels, les oublis de dernière minute, la logistique à la
venez et des négociations pour finir les projets même sans la présence des Français.
Les trajets Maniapure/ Caracas sont toujours longs, fatigants et tumultueux... Le
dernier en date a donné lieu à une belle démonstration de la culture vénézuelienne. Vers minuit, déjà endormie depuis longtemps, je suis réveillée par des bruits de dehors. Surprises, les
lumières du bus sont allumées et je vois des gens tout excités rentrer et sortir du bus avec des paquets de farine de mais, l'aliment de base du pays.