Week-end en Amazonie

Publié le par Béné

P1000169.JPGMe voici de retour de mon premier week end "touriste". Nous voilà partis avec tous les stagiaires pour une aventure en terres amazoniennes.
Nous quittons le centre samedi matin à 2h30 . Le réveil est difficile mais l'excitation de la découverte permet de se hisser hors du hamac et d'attendre le bus. Les étoiles brillent encore de mille feu et la nuit est très noire. Le bruit du bus nous réveille de notre semi-sommeil et c'est tout excités que nous entrons dans le bus. Evidemment il n'y a pas de place qui se libère avant une bonne heure et demi. C'est donc à moitié assis dans le couloir que nous essayons de retrouver le sommeil. P1000165.JPG

Nous arrivons à Puerto Ayacucho , petite ville à la frontière de l'Amazonie , il est 7h du matin. Un petit déjeuner pour nous rebooster et c'est parti!!
Nous commençons par le marché artisanal indigène. Il faut dire qu'en Amazonie vivent six groupes indigènes. Des dizaines de stands s'étalent devant nous. Nous apercevons des Panares, peuple indigène qui vit près du centre de Maniapure.
P1000166.JPG Et là, premier choc... Comment les villes permettent-elles de conserver l'identité indigène, le système urbain ne pervertit-il pas l'intégralité de ces peuples? Des visages me choquent. Ils sont le reflet de tristesse et de désillusion. Le marché ne semble pas être leur place et ils ne deviennent alors que des éléments du grande chaîne de commercialisation et donc de "vulgarisation" de leur culture et de leur art.

Nous sommes ensuite allés visiter un des rares musées du pays consacré à l'histoire indigène. Et là aussi, beaucoup de déception. Les écrits sont vieux, l'objectivité du musée est contestée par un financement de l'Eglise qui amène le visiteur vers une acceptation de la christianisation des peuples indigènes et la perte de leur identité première. passage-colombie.JPG

Puerto Ayacucho se trouve à la frontière colombienne. Seul le fleuve l'Orénoque sépare les deux pays. Nous ne résistons donc pas à l'envie de passer la "frontière symbolique" en pirogue. Nous allons donc déjeuner au pied du fleuve dans le village colombien juste à la frontière. Mais là, ce n'est pas encore la vraie Colombie, puisqu'il n'y a pas de passage douanier et que nous pouvons payer encore avec nos Bolivars vénézueliens.

Nous retournons fatigués à notre hôtel et nous ne résistons pas à l'appel du lit. Qu'importe si le matelas est mauvais. Pour nous, c'est l'ultime réconfort d'une journée bien remplie et de nuits entières passées en hamac...

Le lendemain, nous voici prêts pour une petite balade au coeur de la forêt Amazonienne. Nous sommes accompagnés d'un guide indigène. Quatre heures de marche au milieu de cette jungle regorgeant de surprises. Les arbres nous encerclent de leurs lianes et de leurs feuilles. Les oiseaux nous jouent des castagnettes et les papillons déployant leurs ailes de milles couleurs nous danse leur séduction. for--t-amazonie-15.JPG

Nous arrivons dans un lieu qui se nomme le tobogan. La rivière fait un tobogan naturel que nous pouvons descendre. Mais là, un côté plus sombre du Venezuela s'offre à nous. Ce lieu est aussi le rendez vous de la classe moyenne vénézuelienne, qui vulgarise la nature en la détruisant de leur déchets abandonnés, la musique est forte et nous avons l'impression hallucinante d'être dans un club med. Ambiance que je n'aime pas, qui dévalorise le patrimoine et oublie que la nature ne nous appartient pas.
Les communautés indigènes ne ressemblent plus à celles décrites au Musée. Des maisons alignés en béton offertes par le gouvernement ont remplacé les habitations traditionnelles familiales où toute la commuanuté vivait sous un même toît de palme.commuant---indig--ne-2.JPG L'argent arrive à flot au sein de ces peuples et les pervertie à la culture marchande. Est-ce cela soutenir et protéger l'identité indigène? Est- ce en leur donnant de l'argent que l'on respecte ce patrimoine humain et cette culture. Est-ce au nom de cette égalité que l'on doit en oublier les concepts d'autosuffisance et de solidarité interne.Ce gouvernement ne rend-il pas davantage dépendants ces hommes d'un système dont ils n'ont ni les cartes en mains ni les ressources pour le refuser et pour en tirer partie?

Ce week-end a donc été très enrichissant même si il a été aussi très dérangeant puisqu'il amène à se poser des questions, à prendre conscience de la réalité indigène d'aujourd'hui au Venezuela. Mais c'est cela aussi découvrir un pays. C'est ne pas tout accepter en couleur, c'est s'interroger sur ce que l'on voit et surtout cela permet de se positionner davantage. Voyager c'est développer un oeil critique et prendre le meilleur comme le plus mauvais.

Je vous embrasse très fort et vous remercie de nouveau pour vos messages de soutien et d'encouragement.

A très bientôt pour d'autres récits...

Publicité

Publié dans Puerto Ayacucho

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
merci...
Répondre
F
La façon dont tu raconte est très émouvante, c'est très agréable de te lire, ca donne un peu l'impression d'y être...
Répondre
E
Coucou Bene. Magnifiques tes recits, j'ai presque l'impression d'y etre! Tu devrais songer a ecrire un carnet de voyage...<br /> <br /> En tout cas continue a nous decrire si bien tes aventures.<br /> <br /> Cuidado bella.<br /> <br /> Gros gros bisous et courage..
Répondre
D
ma puce c'est génial ce que tu vis tu écris très très bien c'est passionnant!!!<br /> profite bien de ces moments qui vont changer ta vie et ta façon de voir les choses.<br /> je t'aime fort del
Répondre